Se basant en partie sur cette constatation, l'idée selon laquelle la croissance, et donc la consommation, n'est pas une solution durable pour l'homme fait son chemin depuis les années septante.
Les objecteurs de croissance, comme on les appelle parfois, désignent cet ensemble d'économistes et de militants qui jugent le système économique actuel inadapté car il ne prend en compte ni l'impact écologique de la croissance ni son influence sur le bien-être humain. Leur raisonnement est simple mais pas dénué de bon sens : la consommation engendre l'utilisation de matière première et d'énergie ainsi que de la pollution. Pourquoi donc consommer toujours plus alors que nous savons que nos ressources sont limitées et que la majorité de ce qui est consommé l'est sans utilité ?
Face à ce constat, les objecteurs de croissance proposent une solution applicable par tous : la simplicité volontaire. Rien de bien sorcier ne se cache derrière ces mots. Il s'agit simplement de faire le choix de ne pas avoir comme unique valeur celle de la société de consommation. C'est à dire, ne pas seulement se poser la question du coût d'un bien ou d'un service mais aussi celle de son coût écologique et humain, ainsi que de son intérêt fondamental pour soi. En d'autres termes, il s'agit de réfléchir, de ne pas se laisser tenter par les biens que la publicité voudrait nous montrer comme indispensables et de se rendre compte que notre épanouissement n'est pas une question de possession. Ceci permettrait de réduire nôtre emprunte écologique et nous donnerait la possibilité de ne pas surcharger la planète ; il nous faudrait en effet trois planètes pour que l'humanité entière vive sur le mode européen.
Ce raisonnement posé sur le papier semble limpide mais pourtant, dès qu'il y a une crise, la classe politique ne jure que par les points de croissance et la relance de la consommation. Ne devrait-on pas utiliser la crise actuelle pour essayer un autre système économique plus respectueux de notre planète et de l'humain ?
